Le ministre Lawrence MacAulay, élu 11 fois et député depuis 1988, prend sa retraite
Après avoir établi un record de longévité pour un député fédéral de l’Île-du-Prince-Édouard, Lawrence MacAulay a annoncé samedi après-midi sa retraite de la politique. L’actuel ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire représente la circonscription de Cardigan, dans l’est de l’île. Ses concitoyens l’ont porté au pouvoir 11 fois de suite. Plus récent nom à s’ajouter à la longue liste de membres du gouvernement libéral qui ne seront pas candidat à l’élection générale à venir en 2025, Lawrence MacAulay affirme que sa décision a été prise avant que le premier ministre Justin Trudeau n’annonce en janvier qu’il allait quitter ses fonctions. Lorsqu'il quittera les Communes, Lawrence MacAulay (au micro) aura vu passer sept premiers ministres. Ci-dessus, il fait une annonce le 29 novembre 2024 à Mount Stewart, Île-du-Prince-Édouard. Photo : La Presse canadienne / Ron Ward Lawrence MacAulay venait d’avoir 42 ans lorsqu’il est entré à la Chambre des communes. Membre de l’équipe libérale de John Turner qui n’a pas fait le poids face aux progressistes-conservateurs du premier ministre Brian Mulroney, il a néanmoins délogé le député sortant — et futur premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard — Pat Binns dans Cardigan, à l’élection fédérale de novembre 1988. Il a gardé cette philosophie lorsqu’il est devenu ministre pour la première fois, en 1997, puis l’année suivante lorsque Jean Chrétien l’a nommé solliciteur général du Canada. Elles se sont cependant mal terminées : en 2002, il démissionnait de ce poste après un rapport du conseiller à l’éthique Howard Wilson sur une demande de fonds fédéraux au Collège Holland, un établissement d’enseignement postsecondaire de l’Île-du-Prince-Édouard qui était à ce moment-là dirigé par son frère, Alex MacAulay. Debout, le solliciteur général Lawrence MacAulay (à gauche) et la ministre de la Justice Anne McLellan (à droite), devant le vice-premier ministre Herb Gray et la gouverneure générale Adrienne Clarkson, le 14 octobre 1999 à Ottawa. Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand À l’époque, Lawrence MacAulay a nié toute inconduite (Nouvelle fenêtre), soutenant que les fonds allaient à une institution publique d'enseignement, et non à un individu. Dans la lettre annonçant sa démission, il a dit souhaiter que le conseiller à l’éthique prenne en compte que Il a été réélu 10 fois et, au moment de quitter son siège, aura vu passer sept premiers ministres : Brian Mulroney, Kim Campbell, Jean Chrétien, Paul Martin, Stephen Harper, Justin Trudeau et l’éventuel successeur de celui-ci, qui sera connu dans les prochains jours. Ses 36 années comme député fédéral sont un record pour un politicien de l’Île-du-Prince-Édouard. Il est en ce moment le plus ancien membre du caucus libéral. Le 1er novembre 2018, Lawrence MacAulay pose devant un mur de son bureau d'Ottawa, décoré de caricatures qui ont été faites de lui durant sa carrière. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld Un seul autre député siège à Ottawa depuis plus longtemps que lui : Louis Plamondon, 81 ans, élu député du Parti progressiste-conservateur du Canada en 1984, puis passé au Bloc québécois lors de sa formation. Cardigan, avec moins de 40 000 électeurs, est une des plus petites circonscriptions fédérales. La région est largement rurale. Elle compte 7000 habitants de plus que lors de son entrée en politique. Lawrence MacAulay se dit fier d’avoir représenté les agriculteurs de sa région. Il a grandi sur une ferme à Midgell, dans l’est de l’île. C’est là qu’il a élevé, avec son épouse Frances, leurs trois filles. Il est toujours propriétaire de la ferme de 450 acres, qu’il loue. Le politicien attribue une grande partie de son succès à Frances, qu’il a épousé en 1972. Lawrence MacAulay (à droite), alors solliciteur général du Canada, rit d'une blague du premier ministre Jean Chrétien, le 29 juin 2000, à Halifax en Nouvelle-Écosse. Le ministre des Anciens combattants George Baker (à gauche) et le sénateur Bernie Boudreau apparaissent aussi sur la photo. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan Le ministre dit qu’il quitte la politique sans avoir de regrets, mais précise qu’il aurait souhaité la construction de plus de projets fédéraux dans sa circonscription Il est particulièrement heureux de la croissance de l’est de l’île, de l’ajout du site de Greenwich et ses dunes de sable au Parc national de l'Île-du-Prince-Édouard, et de la construction du Centre canadien sur les changements climatiques et l’adaptation de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI) à St. Peters Bay, dans sa circonscription. À 78 ans, Lawrence MacAulay ne sait pas exactement de quoi sera faite sa retraite. Étant né et ayant grandi sur la ferme, il a toujours travaillé. Le Parti libéral du Canada, lui, devra lui trouver un successeur. Il n’a pas encore de candidat annoncé pour Cardigan. L’ancien député provincial James Aylward, qui a été chef du Parti progressiste-conservateur de l’Île-du-Prince-Édouard et chef de l’opposition officielle d’octobre 2017 à février 2019 à Charlottetown, sera le candidat du Parti conservateur du Canada dans Cardigan. Le NPD a choisi Lynne Thiele comme candidate. D’après le reportage de Kate McKenna, de CBCÇa fait 36 ans
, a indiqué Lawrence MacAulay dans une entrevue. C’est une décision difficile, mais c’est une décision qui faisait l’objet de longues discussions, en particulier avec ma famille, depuis 10 ans.

Je savais que j’aurais beaucoup à apprendre
, s’est-il souvenu. J’étais un néophyte, la plupart des gens ne savaient pas qui j’étais. Mais en travaillant fort, les choses fonctionnent.
Je lui avais dit : mon Dieu, je ne peux pas faire ça. Et il m’a dit : oui, tu peux
, se rappelle Lawrence MacAulay. Je ne suis pas un avocat, mais j’imagine que j’ai eu la chance d’avoir un peu de bon sens, et les choses se sont bien passées.

les très petites provinces ne sont pas comme les plus grandes
.
Au cours de mon premier mandat, parfois je conduisais jusqu’à Charlottetown tôt le matin pour attraper le premier vol [vers Ottawa] et je ne croisais pas une seule auto
, se rappelle Lawrence MacAulay.Maintenant, il y a de la construction, beaucoup de choses en chantier dans l’est de l’île. C’est tellement important. Je suis très fier de cela
, déclare-t-il.Être accessible est vital
, affirme le député, lorsqu’on lui demande ce qui est le plus important pour servir les gens de sa communauté. Une partie de vous leur appartient, parce que vous faites partie d’eux.
J’ai souvent dit qu’elle pouvait conduire une moissonneuse-batteuse, traire les vaches, puis souper avec la Reine — et elle l’a fait
, confie-t-il.
Il n’y a pas eu un moment où je n’ai rien eu à faire
, dit-il. J’imagine que le lendemain de l’élection [de 2025], je vais devoir me trouver quelque chose
.
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